Les composés du lait, indicateurs du statut physiologique, sanitaire et/ou nutritionnel des vaches laitières

Comprendre les variations de la teneur en lactose, un préalable pour son utilisation comme indicateur de la santé des vaches.

Améliorer la précision des diagnostics de santé en élevage

Le lait contient de nombreux composants qui peuvent renseigner sur l’état de santé, le fonctionnement de l’organisme ou l’alimentation des vaches laitières. Parmi ceux-ci, le lactose est encore peu exploité bien que sa teneur dans le lait varie lors d’inflammations mammaires et de désordres métaboliques liés au déficit énergétique, deux troubles sanitaires fréquents en élevage. Le taux de lactose étant facilement mesurable en routine, suivre son évolution pourrait contribuer à améliorer la détection de ces troubles en élevage. 
Le lactose est le sucre majeur du lait. Il joue un rôle important en attirant l’eau vers la mamelle et en contribuant ainsi à déterminer la quantité de lait produite par les animaux. Son taux varie donc relativement peu, ce qui rend l’interprétation de ses évolutions délicate. L’objectif de ce travail était de 1) quantifier les variations du taux de lactose sous l’effet, conjoint ou non, d’inflammations mammaires et de désordres métaboliques et 2) caractériser les différentes courbes possibles d’évolution de son taux dans les fermes commerciales, notamment en lien avec d’autres indicateurs de santé mesurés dans le lait (comptage de cellules somatiques pour l’inflammation mammaire et teneur en béta-hydroxybutyrate pour le désordre métabolique). Ce travail a été réalisé en race Holstein et s’est appuyé sur deux études expérimentales (30 et 22 vaches) et sur des données issues de fermes laitières commerciales en France (2 239 fermes, 183 150 vaches) et au Canada (5 fermes, 380 vaches).

Baisse de la teneur en lactose lors d’une inflammation mammaire

Les résultats montrent que le taux de lactose diminue progressivement lorsque l’inflammation de la mamelle ou le déséquilibre métabolique s’aggrave. Cette diminution peut atteindre 4,3 ± 0,5 g/kg au niveau d’un quartier (Canada) et 2,2 ± 0,1 g/kg à l’échelle de la mamelle (France). L’étude des données françaises des fermes commerciales a également permis d’identifier six profils d’évolution de la teneur en lactose au cours de la lactation. La majorité des lactations (79 %), regroupées dans deux profils, présentent une évolution similaire : après une hausse en début de la lactation, le taux de lactose reste relativement stable. Le niveau moyen de ces courbes varie toutefois selon la parité et le potentiel génétique de la vache pour le taux de lactose. À l’inverse, certains profils sont associés à des indicateurs de santé. Ils se caractérisent notamment par un taux de lactose faible pendant toute la lactation ou par une baisse de ce dernier au cours de la seconde partie de la lactation. Ces évolutions sont associées à des indicateurs d’inflammation de la mamelle et/ou de déséquilibre métabolique.

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Vers une approche en dynamique de la teneur en lactose

Ces résultats montrent que le lactose pourrait compléter les indicateurs déjà utilisés pour surveiller la santé des vaches. Pour être pertinent, son utilisation doit toutefois tenir compte de son évolution au cours de la lactation et être comparée à une valeur de référence. Cette référence pourrait notamment prendre en compte le potentiel génétique de la vache pour la teneur en lactose et sa parité.

Références bibliographique

Auxane Hamon, Jocelyne Guinard-Flament, A. Costa, Amélie Fischer, Philippe Faverdin, et al.. Dynamics of the lactose content and other osmotic agents in milk throughout lactation according to the cow's parity. JDS Communications, 2025, 6 (3), pp.432-437. DOI.

 

Ce contenu a été rédigé puis reformulé par l'auteur à l'aide d'une IA (chatGPT).